1944-2009 : 65 ans d’un autre esprit, celui de la résistance !
Par Raymond le jeudi 6 août 2009, 23:22 - documents - Lien permanent
En ce 65ème anniversaire de la libération du pays du joug nazi, certains lieux de vacances sont évocateurs :
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le Vercors, lieu s’il en est ou la mémoire est ineffaçable,
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les monts et les forêts de la Margeride, ou là aussi les combats du Maquis du Mont-Mouchet sont encore célébrés.
Mais derrière ces stèles, ces monuments, ces centaines de noms graver à jamais dans la pierre comme autant de sacrifices, derrière ces « héros » que chaque année la République aime honorer, il y a une signification politique que la même République s’est dépêchée d’effacer depuis de très nombreuses années ! Je veux parler du programme du Conseil de la Résistance.
Je ne vous apprendrai rien en vous disant que patronat et bourgeoisie ont comme objectif que le quinquennat de Sarko permette d’enterrer définitivement les aspects sociaux et économiques de ce programme encore en vigueur dans notre pays (sécurité sociale, retraites, nationalisations, services publics …).
Mais il y a des aspects « sociétaux », politiques et philosophiques que nous-mêmes avons oubliés depuis belle lurette et dont leurs abandons et destructions furent tout aussi structurant dans le triomphe du libéralisme depuis les années 80 !
Saint-Alban-sur-Limagnole est un chef-lieu de canton du département de la Lozère d’environ 1600 habitants au pied du Mont-Mouchet. Une phrase dans une brochure de l’Office du Tourisme vous apprend qu’entre 1939 et 1945, son hôpital fut un lieu de refuge pour de nombreux résistants et antifascistes comme les poètes Éluard, Tristan Tzara, le philosophe Georges Canguihem, les psychiatres Lucien Bonnafé et François Tosquelles. Ce dernier, militant Catalan du POUM, combattant antifranquiste y trouva refuge début 1940, après avoir vécu la réclusion réservée aux "étrangers indésirables" dans les camps Français d’internement...
En pleine nuit vichyssoise et nazie, dans la lutte antifasciste et internationaliste, dans les privations et les difficultés de l’approvisionnement, dans les combats de la libération (Lucien Bonnafé rejoindra l’équipe médicale du maquis du Mont-Mouchet jusqu’à la libération), armés de leur conviction qu’un monde meilleur était possible, nourris des pensées de Marx, Freud et Lacan, ces médecins avec l’aide de dizaines de soignants dont de nombreuses religieuses et les villageois brisèrent l’aliénation des malades mentaux !
S’appuyant sur les vécus des déportés revenant des camps nazis, un grand mouvement de transformation des conditions d’exercice de la psychiatrie est engagée à partir de 1945. Née à St Alban, la psychiatrie égalitaire et communautaire (intégrant soin du patient, recherche théorique et formation du personnel) va connaître au cours des prochaines décennies un développement de plus en plus important en France et dans le monde.
En 1951 lors des "journées de Bonneval" organisées par Henri Ey, François Tosquelles expose l’organisation mise au point à l’hôpital de Saint-Alban, et développe les bases de la "psychothérapie collective". Prenant acte du rejet du malade psychotique par la société, il préconise la mise en application au sein même de l'hôpital de ce que Georges Daumézon et Philippe Koechlin appelleront l'année suivante la "Psychothérapie Institutionnelle". Les ordonnances de 1958 et 1960 organiseront officiellement les soins psychiatriques dans notre pays sur cette approche.
Or depuis 1981, de la suppression du diplôme d’infirmier en psychiatrie à la réforme Bachelot , de la mise en place forcée de la thérapie biologique (où organiciste) accompagnée de son inévitable recours à la médicalisation du soin et aux drogues des labos pharmaceutiques, à la pénalisation des comportements pathologiques puis l'incarcération des malades mentaux voulu par Sarkozy, notre société à dans ce domaine également bien régressée …
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Pour replacer dans ses dimensions politiques l’hommage aux jeunes de 20 ans massacrés par les troupes nazies et leurs supplétifs français il y a 65 ans sur le plateau du Vercors et les forêts auvergnates,
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pour crédibiliser notre volonté de changer le monde,
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pour rendre tout simplement possible et durable un tel changement,
c'est bien dans son ensemble et son unicité que nous devons reprendre et porter le combat pour briser l’aliénation du monde au fric avec les exigences d’aujourd’hui encore plus élevées qu'il y a 65 ans !
Un site à consulter :
http://psychiatriinfirmiere.free.fr/psychotherapie-institutionnelle/st-alban.htm
Raymond Odent
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