Reconstruire la Gauche : Déclaration commune du PCF et du NPA
Par Raymond le mardi 7 juillet 2009, 22:32 - reconstruire la gauche - Lien permanent
Voici la déclaration commune PCF / NPA publié le lundi 6 juillet 2009 sur le site du NPA.
Le PCF et le NPA constatent les ravages provoqués par la crise globale du système capitaliste, à la fois économique, sociale, écologique et démocratique, dans laquelle les politiques libérales ont plongées la France, l'Europe et le Monde.
Ils dénoncent la vague de licenciements qui frappe de plein fouet le monde du travail et constatent la nouvelle offensive de Nicolas Sarkozy, de la droite et du Medef contre les salariés, annoncée lors du Congrès de Versailles.
La situation sociale pour la majorité de la population se dégrade chaque jour. L'ensemble du monde du travail, les jeunes, les retraités, les chômeurs paient chaque jour les frais de cette crise du système capitaliste. Le NPA et le PCF condamnent les licenciements quasi-quotidiens aujourd'hui et la volonté de Sarkozy et de son nouveau gouvernement de continuer son offensive antisociale : travail du dimanche, départ à la retraite à 67 ans, privatisation de la Poste, suppressions massives d'emplois dans la fonction publique, réduction massive de l'intervention publique au travers de la loi RGPP… Dans le même temps, de nombreuses luttes se poursuivent, en particulier dans les entreprises, que l'on pense aux Continental, Caterpillar, Goodyear, ainsi que beaucoup d'autres qui se battent pied à pied contre les licenciements. Dans les universités, les hôpitaux, autour de la poste, des mobilisations fortes ont lieues tandis que le secteur de l'énergie a connu la plus longue grève de son histoire.
Face à cette offensive, le PCF et le NPA pensent qu'il est urgent de contribuer aux luttes et à l'union la plus large autour des salariés pour revendiquer le droit à un emploi stable et bien rémunéré pour toutes et tous, l'augmentation des salaires et de tous les revenus, la défense et le développement de tous les services publics, mais aussi et d'abord le refus catégorique du recul de l'âge de la retraite .
Fort de ces convergences sur l'analyse de la crise du capitalisme et sur la nécessité de s'y opposer, le NPA et le PCF veulent travailler à la constitution de fronts unitaires contre la politique de Sarkozy et de son gouvernement. Dans le même temps, ils proposent d'œuvrer au rassemblement le plus large autour d'un projet en rupture avec le capitalisme, alternatif aux orientations du pouvoir actuel.
Concernant les élections régionales :
Le NPA propose au PCF de constituer des listes unitaires indépendantes composée du PCF, du NPA, du PG, de LO, des courants composants la Fédération, de militant-e-s associatifs et des quartiers. Tirant un bilan critique des politiques défendues actuellement dans les régions, il propose que ces listes avancent un plan d'urgence social et démocratique régional (refus des subventions aux entreprises, développement des services publics…). Elles seront pour cela clairement indépendantes du PS et des listes de type Europe Écologie. Au second tour, ces listes unitaires auront la volonté de battre la droite et pour cela pourront être amenées à faire des « fusions techniques » des listes de gauches sauf en cas de présence du Modem. Pour le NPA, l'indépendance vis-à-vis de la gestion sociale libérale doit être assumée jusqu'au bout, et donc l'ensemble des élus issus de chaque formation partie prenante des listes unitaires refuseront de contracter des accords de gestion avec les dirigeants du PS et d'Europe Écologie.
Le PCF, dans la poursuite et l'élargissement de la démarche du Front de Gauche, entend construire à partir d'une réflexion sur les contenus d'une politique alternative, un rassemblement majoritaire permettant de mettre en œuvre de véritables politiques de gauche. Pour les élections régionales, dans cet esprit, il appelle à tout faire pour empêcher la droite de reconquérir des régions, a créer les conditions de majorités politiques clairement ancrées à gauche sur des projets nettement plus combatifs que ceux mis en œuvre depuis six ans et à renforcer dans ces assemblées l'influence et l'autorité d'élues et d'élus au service de tels projets. Il insiste sur la nécessité de ne poser aucun préalable à la recherche de l'unité de celles et ceux qui dans leur grande diversité à gauche souhaitent un changement de politique et des pratiques qui mettent l'intérêt général au dessus des intérêts partisans.
Le PCF et le NPA décident de poursuivre leurs contacts avec la volonté d'aboutir aux accords les plus utiles à leurs concitoyens et aux changements politiques dans notre pays. La discussion se poursuivra notamment dans un groupe de travail sur les contenus dont le cadre sera définit ultérieurement.
Paris le 6 juillet 2009.
La délégation du PCF était conduite par Pierre Laurent accompagné de Patrice Bessac, Jacques Chabalier et Francis Parny
La délégation du NPA était composée d'Olivier Besancenot, Yann Cochin, Sandra Demarcq, Pierre-François Grond, Yvan Lemaitre ; Myriam Martin et Gérad Nicol.
Toujours publiée le lundi 6 juillet 2009 sur le site du NPA, la vidéo de la conférence de presse commune (à la fin du billet).
Un article de Libération.fr :
Régionales, les négociations se corsent à la gauche du PS
Après la déclaration commune PG-NPA en faveur de listes communes au premier tour, le parti de Besancenot et les communistes se sont opposés sur la question de l'indépendance à l'égard des socialistes.
Après la soudaine éclaircie NPA-Parti de gauche, la semaine dernière, le ciel de la gauche radicale s'est assombri ce lundi. Alors que Jean-Luc Mélenchon, fondateur du PG, et Olivier Besancenot s’étaient accordés sur le principe de listes communes et indépendantes du PS au premier tour des régionales, les discussions se corsent avec l’entrée en jeu du PCF, second pilier du Front de gauche.
Le Nouveau parti anticapitaliste et les communistes n’ont pas réussi à s’entendre sur cette idée d’alliance électorale en vue de mars 2010. Sans surprise, les négociations ont achoppé sur l’attitude à adopter vis-à-vis du parti socialiste: le PCF défend des accords de gestion avec le PS, ce à quoi le NPA est, à l’évidence, allergique.
A l’issue d’une rencontre entre leurs deux délégations, Pierre Laurent, numéro deux communiste, a résumé le dénominateur commun: «Nous avons le souci les uns et les autres de battre la droite au second tour» des régionales.
«Mais nous, nous pensons que nous devons porter l’ambition d’aller à des majorités de gauche dans les régions. Et les conditions de ces majorités font débat entre nous», a ajouté Pierre Laurent, dont le parti avait souhaité «élargir le Front de gauche» mis sur pied avec le PG aux européennes.
«Majorité bidouillée avec le PS»
Olivier Besancenot, porte-parole du NPA arrivé derrière le Front de gauche, le 7 juin dernier, a, lui, fait de l’indépendance vis-à-vis du PS une«question-clef»: «C’est évident que si on fait une liste anticapitaliste unitaire, elle assumera son indépendance jusqu’au bout.»
Celui-ci s’était prononcé pour des «fusions techniques» avec le PS au second tour des régionales, ce qui permettrait à des élus d’extrême gauche de«garder [leur] liberté de parole, de propositions» et, le cas échéant, de ne pas voter le budget d’une majorité socialiste.
«On ne se voit pas, nous, au nom d’une majorité bidouillée avec le PS, voter des subventions publiques à des groupes qui licencient actuellement», a-t-il invoqué, assurant néanmoins «tout faire pour le rassemblement unitaire».
Un groupe de travail doit être constitué pour poursuivre les discussions sur une éventuelle alliance, qui ne sera pas tranchée avant octobre.
(Source AFP)
Mon commentaire
Quand on compare avec la déclaration PG / NPA comment ne pas être frappé par la différence de contenu politique :
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D’un côté, l’offensive, la volonté d’aller de l’avant, de prendre date avec le mouvement citoyen.
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De l’autre, la langue de bois, l’arrêt de l’élan, le décalage avec les débats du forum vendredi dernier à Chartres.
Au passage signalons que je n'ai trouvé aucune trace dans l’Huma ni sur le site du PCF. Décidément les vieilles pratiques ont la vie dure !
À mon avis cette ligne politique est une erreur :
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Comme déjà dit, elle brouille le message, fait douter sur la dynamique initiée avec le Front de Gauche.
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Elle renvoie à une vison de l’union de la gauche datant de la « Gauche plurielle ». Nous en connaissons le résultat. Nous pouvons imaginer le résultat tout aussi négatif qu’aurait sa réédition.
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Pour les citoyens de gauche, le PS est de moins en moins porteur de changement. Croire qu’en nous mettant à sa remorque nous aurions un plus grand nombre d’élus et que nous garderions les régions à gauche est illusoire !
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N'est-il pas curieux pour des « révolutionnaires » de se couler si facilement dans la gestion des institutions mises en place par la bourgeoisie ? Et pourtant le fonctionnement de ces institutions est fortement mis en cause par le mouvement citoyen.
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Il nous faut articuler les constructions du programme et des moyens politiques pour le réaliser !
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Dans ce cadre, porter publiquement le débat sur les élus, les institutions et leurs fonctionnements nécessaires au changement de la société est indispensable !
Raymond Odent
contact@cocoblog28.fr
Et n’hésitez pas à donner votre avis en laissant un commentaire.


Commentaires
Bonjour, merci Raymond pour ces éléments et tes remarques qui nous encouragent à aller de l'avant et à se conformer à ce que nous sommes.
Quoiqu'il arrive, le combat qui nous habite se gagne sur des prises de risque mais surtout sur la volonté de faire avancer nos idées portées par notre unité et notre clareté.
on a asez vu le PS à l'oeuvre qui va où le vent le pousse je ne voterai pas pour une liste s'alliant avec des élus ps, rien n'a changé dans leur façon d'être, ils sont toujours aussi creux, si je ne vote pas, je ne ferai pas de campagne , je ne bougerai pas., c'est grace à leur politique de merde que les autres n'ont eu qu'a continuer. qu'on en est là, salut madeleine
Je suis en complet acccord avec toi camarade Raymond Odent. Le PCF ne doit pas avoir peur de lâcher le PS. J'imagine que c'est une sacré remise en cause mais si le PCF est anticapitaliste il ne doit pas faire alliance avec eux. J'espère que vous être plusieurs et beaucoup à penser ça et que vous vous rallierez à la cause de l'intérêt general qui n'est sûrment plus la raison de vivre du PS.
Il est temps que mon parti, le PCF, s'ampute résolument de ce frein à sa cohérence qui le gangrène ; le PCF ne peut plus continuer de "labelliser" le PS comme partenaire de majorités de gauche quand le PS n'est plus de gauche !
Il est de notre responsabilité philosophique et politique de ne plus utiliser ce miroir aux alouettes qui empêche l'idéal de Gauche de regagner de la crédibilité !
Notre responsabilité historique n'est plus depuis longtemps de battre notre coulpe sur nos errances staliniennes mais de tourner le dos à la sociale démocratie : clarifions enfin le débat et arrêtons de faire croire aux citoyens qu'il y a un avenir à construire avec le PS. Ce préalable me semble désormais incontournable.
D'accord avec Madeleine ! Après cette campagne des européennes, je ne m'imagine plus du tout porter les seaux de colle pour défendre des intérêts de gestion basés sur le "moins pire"...
Entièrement d’accord, y en a marre de sauver le soldat Ryan …
Nous voilà partis, semble-t-il pour un remix de la gauche plurielle : la gauche "diverse" (le mot est à la mode) ? Sous les habits neufs, on reconnaîtra pourtant sans peine les bonnes vieilles combinaisons électorales destinées à sauver du naufrage des partis compromis par des années de cogestion loyale du capitalisme.
On peut d'ailleurs se demander si le NPA ne compte pas, lui aussi, dans ses rangs quelques bons jésuites et autres experts en casuistique capables d'assumer tout à la fois les "fusions techniques des listes de gauches" (tiens, un -s à gauche ?) et "l'indépendance vis-à-vis de la gestion sociale libérale".
Message d'une obscure clarté , c'est le moins que l'on puisse dire ! pas sûr que les salariés retrouvent leur aiguille dans la botte de foin.
Le compte-rendu de la rencontre PCF-NPA a été publié dans l'Humanité du mardi 7 juillet, le lundi 6, les trois quart d'une page pour l'article de pierre Laurent au sujet du Front de gauche dans la lignée de nos décisions de congrès nous invite à ne pas nous laisser enfermer dans le simple choix du renoncement ou à celle de l'alignement, nous pouvons (devons) faire bouger les lignes. Comme je l'ai déjà dit dans un autre commentaire notre ambition n'est pas de la jouer "petite gauche", bien au chaud entre soit disant supers révolutionnaires. Nous devons refuser toute logique sectaire pour viser une majorité, en nous adressant à TOUTE la gauche, comme pour le NON au référendum. La question du contenu des accords de gestion est primordial et nous devons peser de tout notre poids pour commencer à obtenir des ruptures avec les logiques libérales. Devant l'urgence sociale, qu'on ne compte pas sur nous pour attendre 3000 ans que tout le monde est compris. Le changement de société, nous devons le commencer maintenant, c'est le sens de notre engagement révolutionnaire du 21ème siècle. Et n'oublions pas que 60% des gens s'abstiennent aux élections, pour cela, il devient urgent d'élaborer ensemble un projet qui nourrisse les résistances et les luttes locales dans le cadre d'une visée émancipatrice globale. Evitons de tomber dans les impasses (même pratiques et confortables), nous avons du pain sur la planche!!!
A Dgé 13,
je veux revenir sur ta déclaration et je fais écho, par la même, à ceux qui pensent que la gauche française parce qu’elle est incapable de négocier ou de faire des alliances, est obsolète voir arriérée (écouter en ce sens la critique de DUHAMEL sur France Culture jeudi matin 16/07).
Alliances sous entendues vers le centre, pour certains ou vers le PS, pour d'autres.
Outre le fait que ta déclaration démontre une volonté farouche à ne pas laisser la droite faire de ce pays un désert social, ne penses-tu que pas que la question du contenu des accords de gestion est secondaire ? Car ceux-ci ne sont-ils pas avant tout soumis aux rapports de force qui existent entre les partis.
De plus, pouvons nous croire raisonnablement qu'en se soumettant à des accords de gestion, un parti politique dont l'ambition est de changer radicalement de cap puisse y arriver !
Et c'est justement parce qu'il y a une urgence économique, écologique et a fortiori vitale, qu'il y a une opportunité à asseoir son action sur une cohérence idéologique car les électrices et les électeurs de ce pays veulent avant tout un projet clairement établi avec une méthodologie cohérente et compréhensible.
A l'instar des ouvriers et salariés de ce pays, les politiques doivent faire preuve de courage et de résistance et que le prix à payer est justement de tenir des positions en totale rupture avec ce système actuel.
Alors je le redis au risque de déplaire, il n’est pas possible de construire une alternative avec un projet en demi-teinte. Arrêtons de négocier des bouts de chandelles car il s’agirait là de perdre son identité et sa légitimité. Car négocier c’est valider cette politique qui fait notamment élire au parlement européen un président conservateur alimenté à l’ultra-libéralisme.
je crois qu'un horizon se dessine avec une ligne continue et non en points tillés.
je ne reponds pas a cette discution mais a l article sur l huma du 21/09 que j ai recu aujourd huit22/09..pourquoi dans cet article on s etonneque le N P Ane participerait pas a diriger les regionsavec le parti socialiste celan est pas une nouveaute OLIVER BESANCENOT la toujours dit il appellerat a voter au deuxieme tour pour la gauche mais li est comme beaucoupde communisres dont je fait parti ceptique de plus sur leur retour vers la gauche comme ils l on annonces mais en meme temps ils sont attires par le centre ce qui me parait contradictoire . je suis a fond pour le front de gauche et je n ai pas peur d ouvrir la portea qui veut veux nous rejoindres seul condition etreanti liberalesce qui n est pas le cas des socialisteset encore moins le modem..au deuxieme tour des regionales je voterais pour la gauche sauf si le modem en fait parti mais j ai confiance nous seront en tete si nos propositions sont claires les ouvriers bougent partout ils ont compris que la crisse ne sert que le patronat et leurs frics a bientot de vous lire .serge