Chimie . Le géant pharmaceutique américain Bristol Myers Squibb se désengage de deux sites français. Les 360 salariés ont entamé une grève illimitée.

Si le secteur de la pharmacie semble jusqu’à présent épargné par la crise, il doit néanmoins faire face à de profondes mutations, qui ont tendance à se traduire par une réduction importante de sa voilure. En 2008, les laboratoires implantés en France ont annoncé 25 nouveaux plans sociaux.

La plupart concernent les branches commerciales, avec des coupes sombres dans les effectifs des visiteurs médicaux. Mais pas seulement. Les sites de production sont eux aussi dans la ligne de mire.

Tout est classé confidentiel

La semaine dernière, le britannique GlaxoSmithKline a annoncé la suppression de 702 emplois sur un total de 1 652 dans son usine d’Évreux, dans l’Eure. Les salariés ont immédiatement réagi en se mettant en grève. C’est aussi le mode d’action qu’ont choisi les 385 salariés des sites d’Épernon (Eure-et-Loir) et de Meymac (Corrèze) appartenant à l’américain Bristol Myers Squibb, propriétaire de la célèbre marque Upsa.

En septembre dernier, la direction de ce géant pharmaceutique a annoncé son désengagement de deux de ses trois sites français. « Cette décision fait suite au changement de stratégie de notre entreprise et non à des problèmes économiques », précise Corinne Martin, secrétaire du comité d’entreprise d’Épernon. « La direction affirme rechercher des repreneurs pour chacun des sites, poursuit Claude Dantigny, délégué CGT du site d’Épernon. Il y en aurait même deux potentiels pour Épernon, mais tout est classé confidentiel pour le moment. On n’a donc aucune information sur les conditions de reprise éventuelle. On est dans le flou total. »

Les bénéfices ont doublé

Le 27 janvier a eu lieu la première réunion du plan de sauvegarde de l’emploi (livre III, présentant les mesures d’accompagnement) au cours de laquelle les représentants du personnel ont demandé un délai supplémentaire « vu l’ampleur des effectifs et du contexte social ». « Les mesures présentées (mobilité, reclassement, montant des indemnités) sont insuffisantes au regard des moyens de l’entreprise », estiment les représentants du personnel. En effet, les bénéfices nets du groupe ont plus que doublé en un an, passant de 2,1 milliards de dollars en 2007 à 5,2 milliards en 2008. « De plus, on s’est rendu compte qu’il n’y avait pas de réelle volonté de négocier de la part de la direction », insiste Claude Dantigny. Du coup, une grève illimitée a démarré hier dans les deux sites, à l’appel de tous les syndicats. « Nous envisageons d’autres actions si la direction ne montre pas de réelle volonté de répondre à toutes les préoccupations du personnel, dans une situation économique mondiale de crise financière », insiste Corinne Martin. Les salariés comptent bien « se faire entendre » d’ici à la prochaine réunion, prévue le 17 février.

À suivre !

Raymond Odent
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