Manifestation du 29 janvier : Un test pour chacun de nous
Par Raymond le vendredi 30 janvier 2009, 07:09 - luttes - Lien permanent
7000? 8000? 10 000? à Chartres comme ailleurs la guerre des
chiffres? Tout le monde sait bien que le gouvernement avait
d'avance
décidé qu'il faudrait dès le jour même chercher à minimiser la
portée
de ce qui s'est passé ce 29 janvier 2009...
Parce que le bras de fer
passe aussi par ce que chaque citoyen, chaque travailleur, gréviste
ou non, manifestant ou non, retiendra de cette journée pour
repenser
ses craintes (licenciement? chômage technique? pression sur les
salaires? sur la protection sociale...?) et ses espoirs (de quoi
vivre maintenant, de quoi envisager la suite de sa vie, de quoi
donner une situation stable à ses enfants, de quoi prendre son
temps,
de quoi se construire un peu de bonheur et plus si possible, de
quoi
ressentir la solidarité pas seulement en cas de catastrophe...).
Cette journée était un test, pas seulement pour les organisations
syndicales du monde du travail et, dans l'autre sens, pour les
forces
de la révolution conservatrice (Sarkozy et sa clique, Parisot et
son
fric, les libéraux et leurs piteuses théories), mais aussi pour
chacun de nous. Où en sommes-nous de nos vies dans un monde dont
tous
comprennent qu'il est nécessairement en train de changer, dont tous
se demandent: et maintenant, où va-t-on? Le premier pas c'était de
mesurer notre force au milieu de la crise qui se développe. Nous
l'avons fait, et nous voilà rassurés sur ce point : nous sommes des
millions à refuser de payer leur crise, à chercher d'autres voies
que
de "moraliser", de ravaler la façade d'un capitalisme de plus en
plus
dangereux à mesure qu'il sent sa fin possible.
Mais on sentait aussi en traversant les rangs des manifestants
d'autres préoccupations. Une colère à vif: il faut faire vite, si
on
veut arrêter le feu qui détruit les emplois, qui brise les vies.
Une
sourde crainte: que tous les efforts pour se mobiliser, nouveaux
pour
certains, rajeunissants pour d'autres, soient sans lendemain si
le
rassemblement cette fois réussi devait se volatiliser. Une envie de
mieux comprendre ce qui se passe, et de trouver d'autres chemins
pour
reconstruire nos vies, fonder une société, un autre monde. En
distribuant tout au long de la manif chartraine, leurs tracts sur
les
propositions du PCF "pour sortir de la crise", les militants
communistes n'ont certes pas rencontré que des salariés acquis à
leurs idées, mais ils ont perçu une forte envie de s'informer, de
juger sur pièces, et de débattre sur le fond et sur tous les
terrains
des luttes actuelles: sécuriser l'emploi, est-ce possible et
comment?
Préserver les services publics, oui mais pour leur donner quelles
forces et quelles missions plus ambitieuses? Augmenter
substantiellement les salaires, est-ce vraiment possible? Et si à
ces
questions on répond que ce n'est pas seulement possible mais ...
nécessaire pour sortir de la crise, les visages changent: ainsi
changer le monde ça commence ici et maintenant pour chacun de nous?
C'est à la fois exaltant et intimidant.
Le mouvement social qui se développe est donc en train de mesurer
qu'il a besoin d'un débat politique de fond. Sans concession, sans
a
priori, sans délai, les communistes sont prêts à y participer;
d'ores
et déjà ils mettent toutes leurs force dans l'amplification et
l'approfondissement de la mobilisation.
Chartres, le 29 janvier, 21 heures
Claude Simon
contact@cocoblog28.fr
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