Ce qui placerait la France bien mauvaise position. Quelle responsabilité pour la gauche, pour nous communistes !

Il me semble que notre campagne « la bourse où la vie » manque de quelques lignes fortes, directrices, claires et lisibles qui permettraient de créer un lien politique avec le reste de nos propositions économiques.

Prenons l’exemple de l'augmentation du smic, des salaires et des pensions.

Les salaires en France sont dramatiquement bas (salaire médian à 1500 €, SMIC à 1000€). À cela doit s’ajouter le temps partiel, les contrats aidés qui tirent vers le bas l'ensemble des salaires.

Il y a urgence sociale, il y aussi urgence économique !

Et pourtant la question « est-ce possible » est encore largement posée par les salariés !

La droite s’engouffre dans cette interrogation en affirmant qu’une augmentation des salaires ne ferait qu’augmenter les importations en provenance des pays pauvres. Elle utilise également les hésitations, les tentations d’une partie de la gauche écologique de promouvoir la décroissance en opposition à la société de consommation qui serait définitivement dépassée, développement durable oblige.

C’est faire l’impasse sur le fait que la faiblesse des salaires est telle qu’aujourd’hui que ce n’est pas la consommation d’objets superflus et futiles qui n’ai pas satisfaite mais les besoins élémentaires comme la santé, le logement, l’éducation, la nourriture.

Augmenter les salaires ce n’est pas augmenter la course à la consommation et le gaspillage des ressources naturelles, ce n’est pas augmenter les importations, c'est tout simplement permettre à de nombreux salariés y compris de grandes entreprises de pouvoir se loger, prendre un repas midi et soir, pouvoir se soigner.

Et quand nous parlons salaires avec les gens n’oublions pas d’évoquer non pas le seul salaire « net » mais bien l’ensemble du salaire « chargé » c’est à dire comportant l’ensemble des cotisations payés par les salariés et les employeurs.

Il est tout de même symptomatique que la comptabilité nationale face référence à ce salaire « total » ou « global » alors que le débat politique l’occulte, le transformant en coût, en charge à réduire !

En effet ces cotisations sociales sont :

  • Une part du salaire qui est mutualisé pour pouvoir répondre à des dépenses sociales de haut niveau sous le signe de la solidarité.

  • Une contribution forte à faire de la France la championne de la productivité.

  • Une des raisons majeures du taux de natalité grâce à une politique familiale (congés de maternité et de paternité, allocations, crèches, école maternelle) que nous envie les habitants de nombreux pays européens.

    Il est illusoire de vouloir progresser sur une autre utilisation de l'argent si nous n'arrivons pas à renverser le rapport de force sur cette question !

Il en est de même sur les dividendes versés aux actionnaires (5% des richesses crées en 1985, 25% aujourd’hui c’est à dire plus que ce qui est consacré aux investissements). Dans ces conditions réclamer le non versement de dividendes aux actionnaires d’entreprises aidées dans le cadre des différents plan de soutient ou qui présentent des plans sociaux représente à la fois le minimum exigible mais également une proposition de lutte rassembleuse permettant d’amorcer le débat d’une autre utilisation de l’argent !

Raymond Odent
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