En 2009 Promouvoir un nouveau monde
Par Raymond le mardi 20 janvier 2009, 23:08 - éditorial - Lien permanent
Tel est en résumé la teneur des voeux des communistes euréliens présentés lundi 19 janvier à la presse par Claude Simon, nouveau secrétaire départemental d'Eure-et-Loir du PCF élu lors de notre congrès de décembre 2008.
Et maintenat voici la version intégrale de son intervention :
Mesdames, Messieurs, Chers Amis, Chers Camarades,
Il peut paraître incongru de chercher à tenir un discours politique quand il s’agit d’échanger des vœux de nouvel an. Et pourtant, le monde, dont la politique s’occupe même à son insu, a bien besoin de nos vœux : un monde où 40 000 enfants meurent de faim chaque jour, où l’analphabétisme a cessé de régresser mais où l’espérance de vie régresse fortement dans certains pays, un monde où les inégalités en tout genre (et d’abord celle des richesses) se creusent d’une façon insupportable, un monde enfin où, pour m’en tenir au plus criant, des guerres à la fois sauvages et ultra sophistiquées ne cessent de se rallumer les unes les autres, en Afrique, au Proche et Moyen Orient, dans le Caucase.
Promouvoir un monde de paix par le développement, le droit de peuples à disposer d’eux-mêmes, la constitution de systèmes de protection sociale, la promotion des individus par des systèmes éducatifs démocratisés… : ne sont-ce pas les espérances et même les bonnes résolutions (les vœux ?) que la communauté des nations, réellement mais très provisoirement unies, avaient formées au lendemain de la seconde guerre mondiale qui sont en train de se défaire sous nos yeux ?
Pire, des
dangers jusqu’alors inédits n’ont fait depuis lors que grandir : on a su
assez vite que les armes nucléaires menaçaient la survie même de l’humanité,
mais la lutte contre leur prolifération s’apparente trop souvent à la
préservation des privilèges des premiers dotés, qui ne sont pas forcément les
moins belliqueux comme on le voit aujourd’hui même. Ce qu’on a moins vite perçu
(en tout cas les communistes ont à ce sujet pris un dommageable retard), c’est
qu’on pouvait détruire la planète d’autre façon. Pollution industrielle
généralisée, déforestation, réchauffement climatique, épuisement de certaines
réserves énergétiques, nous voici désormais tous plus ou moins au chevet de la
planète, nous disputant pour savoir comment on peut distinguer nos réels
besoins de nos lubies de consommateurs, et concilier ces besoins immédiats avec
nos responsabilités devant l’avenir de l’humanité.
Faut-il donc tout reprendre à zéro et défaire entièrement les constructions imaginées en France par exemple dans l’urgence de la Résistance au fascisme et de la Libération ( de 36 à 45), comme le proposait récemment un des penseurs patentés du Medef, Denis Kessler ? Ce serait évidemment faire l’impasse sur la nécessaire analyse des causes de cette situation. Or, le développement productiviste aveugle, la guerre comme moyen politique, l’exploitation de la misère et de la détresse humaines pour le profit de quelques-uns, le règne du chacun pour soi sans souci de l’intérêt commun, cela porte aujourd’hui un nom : c’est le capitalisme, qui s’est cru depuis les années 90 seul maître à bord du monde et a pu y déployer ses règles et critères, ses ravages et son horizon borné auquel chacun était censé se résigner.
Mais voici
qu’avec la crise financière mondiale, des catégories sociales de plus en plus
nombreuses sont amenées à prendre conscience qu’il y a décidément quelque chose
de pourri dans le monde capitaliste : voici qu’on se met à jeter de plus
belle des travailleurs à la porte de leur entreprise, à précariser leur emploi,
mais aussi leur vie entière, à les considérer comme la meilleure des variables
d’ajustement en restreignant toujours plus leur pouvoir d’achat. Mais cette
fois-ci il ne suffira peut-être pas d’ajuster des stratégies économiques usées.
La crise qui est devant nous est celle du système et le monde n’en sortira
qu’au prix de transformations décisives de son degré de civilisation :
mais cela peut être soit le seuil d’un progrès humain sans doute inouï en tout
domaine, soit la trappe où pourrait être englouti beaucoup de ce qui a fait ou
esquissé la dignité du genre humain. Les communistes français formulent le vœu
que 2009 soit le début, en France en Europe et dans le monde d’une prise de
conscience large de ces enjeux, et d’une remobilisation des énergies du monde
du travail, de la création, de l’intelligence pour esquisser une nouvelle phase
de l’émancipation humaine.
Chers Amis, Chers
Camarades,
Nos vœux
ne suffiront pas pour cela. Il y faudra notre implication active et raisonnée.
Des luttes, des résistances, des expériences naissent, se perpétuent et se
multiplient à travers le monde sous des formes diverses et même
contradictoires. Nous resterons donc indéfectiblement solidaires du peuple
palestinien soumis depuis 60 ans à l’oppression et à l’humiliation, et nous
formulerons sans doute tous ensemble, comme samedi dernier dans la rue, le vœu
qu’un solution juste durable pacifique soit trouvée au Proche-Orient qui
respecte l’intégralité des droits nationaux du peuple palestinien. Nous devons
nous souvenir que le peuple irakien, subit une guerre mensongère et une
occupation catastrophique pour son intégrité et pour la stabilité de tout le
Moyen Orient Nous devons être attentifs aux considérables efforts d’innovation
des peuples d’Amérique latine. Nous devons rester attentifs à ce que devient
l’Afrique du Sud 20 ans après la disparition en droit de l’apartheid, à ce que
devient l’Afrique tout entière quand le capitalisme mondialisé y imprime aussi
ses choix dévastateurs.
Nous devons ici même, en France, en Eure & Loir (c’est notre actualité, notre quotidien) soutenir toute lutte où sont en jeu la liberté, l’égalité, la dignité des hommes : sans papiers, sans toits, victimes des discriminations, mais aussi salariés précarisés, stagiaires, hommes et femmes privés d’emploi ou, quel que soit leur âge, privés de l’accès à la santé, à l’éducation, à la culture. Les communistes, dans la mesure de leurs forces, seront en 2009 comme par le passé au côté de tous ceux qui veulent ne pas seulement survivre.
Mais dans le même temps ils rappelleront publiquement, et à chaque occasion, que pour débarrasser le monde de ce qui le gangrène, il faut décidément viser plus loin et plus haut :
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défendre la sécurité sociale, oui, mais aussi créer une sécurité d’emploi et de formation ;
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défendre les services publics, oui, mais aussi élever le niveau d’exigence notamment démocratique de ces services ;
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protéger la planète oui, mais sans objecter à l’exigence de nouvelles formes de développement ; défendre l’école publique, oui mais en la transformant pour la réussite et pour l’égalité de tous devant les savoirs , bien au delà de la simple « égalité des chances »;
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défendre les valeurs de la république et de la démocratie, oui, mais en critiquant les limites de nos institutions et en recherchant les bases d’une 6e république ;
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et bien sûr en transformant radicalement les institutions européennes, en faisant respecter le NON des Français, des Hollandais et particulièrement des Irlandais qu’on veut, scandaleusement, faire revoter tant qu’ils n’auront pas avalé la couleuvre du libéralisme, qui pourtant se révèle de plus en plus indigeste et dangereuse.
Sur le territoire de notre département, ces thématiques s’éclairent dans des dossiers urgents :
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santé, hôpital public ? la défense de l’hôpital de Chateaudun, le refus de la fusion de ceux de Chartres et Dreux ; quant à celui de Nogent, ne faudra-t-il pas envisager sa remontée en puissance ?
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délocalisations, plans dits « sociaux », chômage partiel ou total ? bravo à la lutte des Philips EGP de Dreux ; mais Valeo, mais Jaeger, mais Flextronics ? Il faut renforcer la solidarité active avec les salariés directement menacés, et rehausser la riposte politique en apportant des solutions industrielles mais aussi financières pour lesquelles les Fonds régionaux pour l’Emploi et la Formation que nous proposons doivent être pris en charge par les citoyens et les salariés
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aménagement du territoire dans le respect de l’environnement et dans l’égalité des usagers des transports ? 2009 sera l’année du grand débat public sur l’opportunité de la concession autoroutière de la RN154 entre Nonancourt et Allaines. Nous lutterons pour la mise à 4 voies mais dans le respect de la gratuité : halte au retour systématique à l’octroi !
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démocratie à tous les étages de la vie publique ? il faut démocratiser la vie publique locale, non en supprimant arbitrairement tel échelon mais en obligeant l’Etat à remplir ses obligations à l’égard des collectivités territoriales. Il faut demander à nos parlementaires de s’insurger contre la réforme projetée du fonctionnement et du rôle du Parlement.
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libertés publiques ? Quand Sarkozy décide de diriger directement la télévision publique, de supprimer les juges d’instruction, d’accentuer la pression/répression sur les jeunes et les syndicalistes qui lui résistent, il y a lieu de créer un large front pour défendre nos libertés.
Chers Amis,
Sur tous ces dossiers (et sans doute d’autres qui surgiront à leur tour) les communistes sont prêts à travailler avec des partis politiques, des syndicats, des associations, des collectifs, avec tous ceux, organisés ou non, qui partagent en partie les mêmes objectifs. En ce sens je présente à chacune et chacun d’entre vous mes vœux sincères de réussite dans vos activités militantes. Il ne faut en effet pas attendre je ne sais quelle échéance électorale (où chacun serait tenu de reprendre ses billes) pour ouvrir face au pouvoir sarkozyste des fronts sur tous ces dossiers, tous ces champs de luttes existantes ou potentielles, et rendre si possible de plus en plus souvent coup pour coup. Monsieur Sarkozy disait il y a quelques mois que désormais une grève en France cela ne se voyait pas ? Eh bien on dirait que depuis lors l’atmosphère a changé. Formons ensemble le vœu qu’en 2009 les grèves et manifestations, cela crève les écrans ! En ce sens la convergence de toutes les organisations syndicales pour appeler à la journée d’action pour l’emploi et les salaires du 29 janvier prochain augure bien de la nouvelle année sociale. Et les communistes mettront toutes leurs forces dans la réussite de cette journée. D’ailleurs ils vont chercher à lui donner encore plus de profondeur et de sens en faisant des 22, 23, 24 (fin de cette semaine) une journée de mobilisation et de lutte anti-crise sur les marchés, devant les entreprises, et notamment aux portes des hôpitaux contre la loi Bachelot.
Cet engagement dans les luttes sociales doit en effet trouver plus qu’un prolongement, une perspective dans l’action proprement politique visant à terme l’unification de tous ces fronts : c’est en ce sens que nous avons proposé le 24 octobre dernier, dans la perspective des élections européennes et bien au-delà, la constitution d’un Front progressiste européen pour changer l’Europe, dont les institutions mêmes sont incompatibles avec le progrès social; ce front est ouvert à tous ceux qui ont contribué à la victoire du NON de gauche en 2005, mais bien au-delà à tous ceux qui, ayant voté alors oui, constatent aujourd’hui l’impasse où le TCE, même rebadigeonné à Lisbonne, a conduit l’UE. Ce Front est ouvert ; déjà des forces l’ont rejoint, comme le jeune Parti de Gauche, et d’autres sensibilités de la gauche dite « alternative ». Notre conviction est que ce front doit se construire à la base sur les terrains de luttes, en osmose avec les exigences des salariés ; les communistes sont disponibles pour discuter avec tous ceux qui n’attendent qu’un signe pour s’engager dans une nouvelle grande bataille militante anti-libérale.
Ils continueront de faire de leur mieux pour que ces dialogues et débats prennent vie et énergie partout en Eure-et-Loir, sans a priori ni renoncement. Ils ont décidé, en décembre dernier de poursuivre l’histoire du Parti Communiste Français et en même temps d’engager dès le début de cette nouvelle année le chantier de sa profonde transformation, ce qui suscite à la fois de grandes espérances et de compréhensibles inquiétudes . C’est pourquoi, Chers Amis, vous comprendrez que je me tourne vers les membres du PCF pour clore rapidement un discours qui vous aura déjà paru un peu long.
Chers Camarades,
Je connais la profondeur, la sincérité de vos engagements personnels et j’en déduis la force et la ténacité de notre engagement collectif. Ici,une parenthèse pour souligner le rôle décisif qu’a joué pendant 8 ans, et que continuera de jouer Lionel Geollot (à qui je vais essayer de succéder) dans notre fédération pour stimuler, coordonner et amplifier notre énergie militante. Aujourd’hui notre parti doute beaucoup moins de lui-même, puisqu’il a traversé les désillusions engendrées par l’effondrement du socialisme dit réel, et leurs effets multiples sur la référence communiste dans la conscience politique de ce peuple éminemment politisé qu’est le peuple français. Je ne dis pas que l’orage est définitivement derrière nous. Je dis simplement que nous avons notre destin entre nos mains : celui-ci se décidera en raison exacte de notre courage et de notre lucidité politiques. En diffusant l’Humanité, en collant des affiches, en distribuant des tracts, tout simplement en osant parler politique autour de nous et en exposant notre visée communiste, nous ouvrons les portes de notre parti. Eh bien trouvons dès 2009 les moyens de les ouvrir plus grandes encore. Et allons dire à nos amis, nos collègues, nos proches, nos voisins qu’il y a, du sens, de l’espérance, du plaisir… et du travail quand on milite au PCF !
Claude Simon, secrétaire départemental d'Eure-et-Loir du PCF
contact@cocoblog28.fr
Et n’hésitez pas à donner votre avis en laissant un commentaire. Merci.


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tout reste à faire.