Article d’Olivier Mayer publié dans l’édition de l’Humanité du vendredi 6 juin 2008.

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C’est sur le congrès du Parti communiste que Marie-George Buffet était attendue lors du point de presse qu’elle avait convoqué hier matin pour faire « le tour de la situation politique ». « Dans le pays, il y a des luttes, de la colère mais aussi des doutes. Nous souffrons de l’absence d’une réponse politique de gauche à l’offensive de Nicolas Sarkozy », estime la secrétaire nationale du PCF.
C’est sur ce point que, pour la dirigeante, les communistes travaillent dans la préparation de leur congrès. Après l’assemblée des secrétaires de section en décembre 2007, des ateliers de travail se sont réunis et ont publié de premières réflexions. Trois rencontres nationales doivent les approfondir. La première s’est tenue à Paris samedi dernier sur l’état du monde et la mondialisation capitaliste.
Samedi prochain à Marseille, ce seront le projet et le rassemblement qui seront objets de débats. « Je pense que c’est la question essentielle que nous avons à traiter », affirme Marie-George Buffet. Enfin, à Tours le 4 juin, les réflexions doivent porter sur les transformations du Parti communiste. « Quel doit être le positionnement du Parti communiste ? demande la secrétaire nationale. Doit-il être seulement porteur d’une espérance révolutionnaire ? Ou doit-il, comme je le pense personnellement, à la fois porter cette espérance, être le parti de l’émancipation humaine, du féminisme, et, en même temps, être plus clairement qu’aujourd’hui, le parti qui, à gauche, porte un projet de grandes réformes pour les cinq à dix années à venir. Un projet qui redonne à la gauche de l’ambition, de l’audace. » Marie- George Buffet en appelle à « une gauche de responsabilité, de gouvernement. J’ai l’impression d’une gauche qui, aujourd’hui, va à vau-l’eau entre une radicalité un peu gratuite, et un social-libéralisme assumé.
Il y a besoin d’une force politique qui redonne à la gauche sa vraie dimension : une gauche populaire, de transformation, de réforme. Le Parti communiste devrait dans les années à venir incarner cette gauche-là ». Marie-George Buffet souhaite aussi que le congrès travaille sur la notion de rassemblement. « L’état de la gauche est tel qu’on ne peut pas rêver un rassemblement miracle de toute la gauche dans un seul mouvement, sur un seul projet. Il faut donc travailler de façon pragmatique à des fronts, des alliances permettant petit à petit de construire une majorité politique et populaire de façon durable. »

CONGRÈS DE L’INNOVATION

La secrétaire nationale du PCF l’affirme : le congrès doit être celui de l’innovation, d’une vraie ouverture, d’une vraie transformation du Parti communiste. Elle appelle les communistes qui ont des idées nouvelles, tous ceux qui ont une opinion sur les innovations à mettre en oeuvre, à alimenter le débat. « J’ai ma propre opinion et je la donne, insistet- elle. Je ne sais pas si c’est celle qui sera retenue mais je crois qu’il faut à gauche un parti populaire qui porte les colères et les aspirations du plus grand nombre ; un parti de responsabilité, pas seulement de discours ou de positionnement, donc un parti capable de construire un projet, de porter des réformes, d’initier des rassemblements.  » Marie-George Buffet se démarque notamment de la LCR. Elle se refuse à se situer en concurrence avec Olivier Besancenot. Pour elle l’objectif du Parti communiste n’est pas de dominer l’extrême gauche mais de jouer un rôle dans le pays, de permettre des réformes, de former pour cela une majorité.
Qu’en est-il du débat au sein du PCF ? Certains dirigeants parlent de « verrouillage  », Libération du jour évoque « un vent de fronde contre Buffet » qui fait « face à un front hétéroclite ». Le quotidien évoque la tenue d’une réunion le 9 juin avançant qu’elle concernerait « les amis de Robert Hue, les proches de Jean- Claude Gayssot, des refondateurs  ». Alors, verrouillage ? « Je n’ai heureusement ni les moyens, ni l’envie de verrouiller le débat, se défend Marie- George Buffet. Je regrette que le débat ne soit pas plus vif. Je ne veux ni peur ni autocensure. Personne ne veut liquider le Parti communiste français. Alors ouvrons-nous, débattons, travaillons toutes les idées neuves. Et après, une majorité se prononcera. » Pour la secrétaire nationale il y a encore énormément de travail. « La question n’est pas de verrouiller mais de mettre toutes les idées sur la table et de travailler. » Concernant le secrétariat national du Parti, Marie-George Buffet a confirmé sa « volonté de renouvellement. » : « Je cherche à en créer les conditions et je ne souhaite pas que ce soit l’objet principal du débat. »

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