Point de vue politique : tout le monde sent bien que ça ne va pas durer comme ça longtemps. D’ailleurs Sarkozy a été promu par le Medef, et élu par certains, pour que quelque chose change, pour que l’esprit de mai 68, mais surtout pour que le “compromis social” issu de la Libération vole en éclats, pour que le libéralisme à la mode Blair-Berlusconi-Bush finisse par remodeler irrémédiablement la rétive société française.

 

D’ailleurs, un an après une élection présentée comme triomphale (entre le libéralisme pur jus et celui un peu délayé, les Français ont préféré l’original), les résistances s’amplifient : salariés, assurés sociaux, lycéens, fonctionnaires, profs, sans papiers, délocalisés, victimes de “plans sociaux”, chercheurs, stagiaires exploités sans vergogne, et maintenant marins pêcheurs, agriculteurs, tous ceux qui trinquent se mettent en mouvement.

 

Mais c’est en ordre un peu dispersé : chacun voit encore midi à sa porte (même s’il est minuit Docteur Kouchner), alors qu’il y va sans doute de l’ensemble des bases de notre vie actuelle: contrats, conditions et temps de travail, retraites, formation, culture, santé, libertés publiques, institutions démocratiques, pseudo-constitution européenne,  tout est retravaillé de manière à rendre quasi irréversible la mainmise des marchés financiers sur ce qui dans nos vies échappait encore à la loi de fer du profit capitaliste.

 

Face à ce projet gigantesque, parfois mal fini mais en tout cas particulièrement dangereux, les prolétaires des temps nouveaux que nous sommes appelés à devenir n’ont que leur unité comme arme de construction massive. Mais le mouvement social se cherche s’il n’a pas de boussole politique. Mais la gauche, qui devrait avoir pour vocation de fonder en raison et en actes cette unité, est elle-même en proie à des doutes sur ses valeurs, des manœuvres de division dans ses combats, des émiettements systématiques de ses forces. Comment lui rendre son bâton de pèlerin pour qu’elle avance, avance enfin vers autre chose que le compromis qui finit en compromission (l’histoire d’un PS qui se veut maintenant libéral mais pas trop), ou la pureté doctrinale qui finit en puritanisme (l’histoire d’une gauche “alternative” qui ne se définit que relativement à la “traîtrise” du même PS).

 

Les communistes eux aussi se cherchent. Ils préparent pour cela un congrès qui en décembre prochain devra leur permettre de définir une ligne claire et rassembleuse. Ils se cherchent, mais dans la confrontation et dès que possible dans la construction avec d’autres : les récentes élections municipales et cantonales notamment en Eure-et-Loir l’ont assez bien montré. Ils ne baissent pas pavillon, mais ils n’ont d’autre ambition que de rassembler tous ceux qui peuvent efficacement et durablement s’opposer à l’offensive ultralibérale, et qui sans le savoir (qu’avons nous fait du NON de 2005 ?) sont la majorité de ce pays, et plus clairement du monde entier, où aujourd’hui comme jamais, on meurt de faim, de haine, de pollution, de maladies liées au travail , de misère.

Ce monde est à changer. Nous n’en démordrons pas. Mais il y faut des énergies nouvelles. 

Voulez-vous en être ?

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